La réalité augmentée qui fait peur

La vidéo ci-dessus s’appelle Sight. C’est un projet de fin d’études d’un groupe de la Bezalel Academy of Arts and Design à Jérusalem.

Je ne veux pas spoiler, donc regardez d’abord et revenez après pour la discussion.

C’est bon ?

Alors, je pense que, dans un avenir pas très lointain, ce type de réalité augmentée sera possible. Il n’y a qu’à voir Project Glass de Google pour se donner une idée de ce qu’on est susceptible de faire dans le moyen terme.

Et c’est cool, mais plein de questions se posent : qui va fournir les données qui se superposent devant notre nouvelle réalité ? Google ? Ça m’aurait moins dérangé il y a quelques années, mais aujourd’hui leur devise Don’t be evil a plus ou moins été oubliée, je pense. Ou est-ce qu’on va avoir le choix des fournisseurs ou le droit d’en avoir plusieurs en même temps ? Qui choisit les informations qui s’affichent devant nos yeux, eux ou nous ?

C’est bien connu que, dans cette ère, celui qui détient l’information détient aussi le pouvoir. Une fois qu’on sera en mesure de streamer des informations directement dans nos yeux—qui a dit que ce ne sera pas via implant cérébral ?—à quel point pourra-t-on contrôler nos pensées ?

Merci à JC qui ma montré la vidéo. Je l’encourage à continuer à partager des choses intéressantes comme ça sur son Twitter 😉

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Contrôlez vos appareils avec des plantes multi-touch

Les écrans tactiles c’est so 2011 et, de toutes manières, la tablette que j’avais dans le salon n’était pas feng shui donc j’ai dû la remplacer par une fougère. Comment je vais faire pour contrôler ma télé, ma musique, le chauffage, etc. vous demandez-vous ? Ben, avec la fougère bien sûr !

OK, je n’en suis pas encore là ; ma fougère a trouvé que mon appart’ était trop sombre, donc je l’ai donnée et je ne contrôle pas mon appart’ via tablette (pas encore). Mais si ça avait été le cas, contrôler la domotique chez moi via mes plantes est une idée qui n’est plus si absurde qu’on pourrait le croire grâce au travail réalisé chez Disney Research.

Le projet s’appelle Botanicus Interacticus [PDF] et consiste à transformer n’importe quelle plante (ou modèle électronique de plante) en un dispositif d’entée capacitif—oui, oui, comme les écrans des tablettes et téléphones—et tout ça sans altérer la plante elle-même. Je vous laisse regarder la vidéo avec tous les détails :

Comme vous avez pu le voir, non seulement l’ordinateur est capable de détecter le fait que la plante ait été touchée ou pas, mais en plus chez Disney ils ont développé les algorithmes qui vont bien pour détecter des gestes ou l’endroit où la plante a été touchée.

J’adore l’exemple du bambou qui change le jour de la semaine à l’écran. J’espère que l’expo dont ils parlent à la fin fera un tour par Paris rapidement.

Mais, surtout, je crois que vous l’avez compris, je veux ça à la maison !

(via Slashdot)

Lèche-vitrine augmenté avec Kinect

Je vous invite à regarder la vidéo du projet Sightlines qui utilise les fonctionnalités de head tracking de Kinect pour Windows afin de superposer des information sur un objet qui se trouve derrière un écran LCD transparent.

Une technologie qui pourrait être utilisée dans les vitrines des magasins ou les musées dans avenir proche ? Je m’en fous un peu des vitrines des magasins, mais dans les musées ça pourrait être extrêmement intéressant et le potentiel pédagogique est énorme !

Le Huffington Post lancé à moitié en France

C’est une marque que peu connaissent en France, mais aux US The Huffington Postou juste Huff Post pour faire court, est une source d’information pour quelque 35 millions de personnes par mois. Mais cela va probablement changer, puisqu’en début de semaine, Le Huffington Post a vu le jour.

D’après Arianna Huffington, co-fondatrice de la version US et maintenant présidente et rédactrice en chef d’un groupe qui comprend une grande partie des sites les plus visités de l’autre côté de l’Atlantique :

Le site incarnera l’ADN du Huffington Post, combinant les meilleures pratiques journalistiques des médias traditionnels avec la transparence, l’immédiateté et l’engagement des nouveaux médias – le tout avec une sensibilité typiquement française.

Le paragraphe précédent est extrait/traduit d’un article inceptionesque publié dans la version US pour annoncer la version FR.

M’enfin, pourquoi dans le titre de mon billet je dis que le site est lancé « à moitié » en France ?

Suite au lancement, je me suis dit que je testerais bien ces « meilleures pratiques journalistiques », cette « transparence », etc. Mais, je ne sais pas vous, mais je ne visite jamais individuellement les sites où je m’informe—cela prendrait trop de temps—j’agrège. Mon premier réflexe a donc été de fournir l’URL du Huff Post FR (http://www.huffingtonpost.fr) à Google Reader pour qu’il ajoute son flux RSS à mes souscriptions.

Premier bug : j’ai eu le flux de la version US… En effet, dans le code source la page principale du Huff Post FR on trouve ça :

<link rel="alternate" type="application/rss+xml" title="Intégralité Des Flux" href="http://feeds.huffingtonpost.com/huffingtonpost/raw_feed" />
<link rel="alternate" type="application/rss+xml" title="Dernières actus" href="http://feeds.huffingtonpost.com/huffingtonpost/LatestNews" />
<link rel="alternate" type="application/rss+xml" title="Blogs Sélectionnés" href="http://feeds.huffingtonpost.com/huffingtonpost/TheBlog" />
<link rel="alternate" type="application/rss+xml" title="Billets sélectionnés" href="http://feeds.huffingtonpost.com/FeaturedPosts" />
<link rel="alternate" type="application/rss+xml" title="Feed originaux" href="http://www.huffingtonpost.com/feeds/original_posts/index.xml" />

<link rel="alternate" type="application/rss+xml" title="France Feed" href="http://www.huffingtonpost.com/feeds/verticals/france/index.xml" />
<link rel="alternate" type="application/rss+xml" title="France Blog" href="http://www.huffingtonpost.com/feeds/verticals/france/blog.xml" />
<link rel="alternate" type="application/rss+xml" title="France News" href="http://www.huffingtonpost.com/feeds/verticals/france/news.xml" />

Un agrégateur n’étant pas capable de comprendre que quelqu’un a fait un bêtise, il prend le premier choix, qui ne correspond pas au bon site…

Bon, c’est pas grave, je comprends l’HTML, je vois qu’il y a un flux qui s’appelle « France Feed » (remarquez, au passage, que les flux français ont des noms en anglais et les flux anglais ont des noms en français) je prends donc son adresse et je l’ajoute à Google Reader.

Deuxième bug :

Il y a comme un petit problème d’encodage…

C’est dommage, je voulais vraiment tester ce site, mais je suppose qu’il faudra que j’attende que la version française ne soit plus en bêta pour le faire.

En vrac mercredi 18 janvier 2012

J’ai reçu un mail hier de Rodrigo et Gabriela. Non, il ne s’agit pas des cousins de l’autre côté de l’île, il s’agit de deux mexicains qui habitent en Irlande ; plus important, c’est un duo de guitaristes exceptionnel ! Vous les avez peut-être entendu à Solidays en 2010 ou, plus récemment, dans la BO du dernier Pirates des Caraïbes.

Mais, pour quoi j’en parle ici ? Parce que dans leur mail ils annoncent la sortie d’un nouvel album et je trouve que leur modèle de distribution est très intéressante et très « XXIème siècle ». Je m’explique.

Leur album sort dans 3 jours. Pour entretenir le lien avec leurs adeptes en ces jours si importants, ils ont organisé une session Ustream pour discuter avec eux. En même temps, ils ont mis en pré-vente sur leur site ledit album. Des prix tout à fait raisonnables : €8,99 (c’est-à-dire, €0,99 le morceaux, ou le « prix iTunes ») pour la version numérique, €1 de plus si vous voulez des supports CD ou DVD avec le making-of ou €11 de plus si vous voulez le vinyl—ouais, un vrai LP, et vous avez le droit à la version numérique avec en plus.

Mais, si vous n’êtes pas encore fan, comment pouvez-vous être sûr que vous voulez vraiment acheter l’album ? Je ne sais pas trop comment ou pourquoi, mais on fait un saut de l’autre côté de l’Atlantique pour atterrir sur le site de NPR—la radio publique américaine—qui leur dédie un article et, au passage, permet d’écouter gratuitement et dans son intégralité le nouvel album.

Je trouve l’ensemble très intéressant. Certes, ils ne proposent pas leur album en téléchargement gratuit, comme l’ont déjà fait d’autres groupes, mais d’un autre côté, je ne vois pas pourquoi ils le feraient. Il y a du travail derrière la production d’un album et ce travail mérite d’être rémunéré.

Dans un tout autre registre, j’ai appris sur le blog de Joel Spolsky que la ville de New York prépare pour la rentrée prochaine (automne 2012) un lycée spécialisé dans le génie logiciel. Qu’est-ce ?

Si j’ai bien compris, la Academy for Software Engineering sera un lycée comme un autre dans la ville de New York. Sauf que, en plus d’apprendre les connaissances de base dont ils ont besoin pour continuer ses études par la suite, les élèves apprendront aussi à développer des logiciels.

Ce qui est particulièrement intéressant, donc, c’est qu’il s’agit d’un lycée général auquel n’importe quel élève de 3ème peut soumettre sa candidature. Son recrutement se fera sur dossier et la motivation comptera plus que les notes. Cela devrait permettre à des élèves motivés d’apprendre à écrire des logiciels et, potentiellement, rejoindre le marché du travail dès l’obtention du bac.

Certes, cette dernière phrase peut choquer plus d’un, mais soyons réalistes : aux États-Unis comme en Europe (et probablement ailleurs aussi) on manque cruellement de bons développeurs et ce n’est pas le fait d’avoir fait 2, 4, 5, 6, 8 ans de formation après le bac qui va faire qu’on va en avoir dans le court terme. Par contre, ne me mal interprétez pas : une bonne formation est définitivement nécessaire et ce genre d’établissement pourrait très bien faire l’affaire.

Apprendre que l’on se propose de créer aujourd’hui des lycées qui vont enseigner une grande partie de ce que pour moi ont été des études supérieures, me fait penser à mes cours de physique du lycée justement. À l’époque (ouch, je viens de faire le calcul), je trouvais ça rigolo d’apprendre des concepts qui étaient tout simplement inconnus siècles, voire parfois quelques dizaines d’années auparavant. Dans combien de temps pensez-vous que la programmation deviendra une compétence courante du bachelier moyen ?

Une carte bleue très verte

Pour changer un peu, parlons argent. Ce n’est pas une nouvelle, ça date d’environ un an, et ça vient de chez moi, du Costa Rica.

Il s’agit d’une carte bleue, verte.

Depuis fin 2010, l’une des cinq banques d’État, le Banco Nacional, propose à ses clients une carte de débit « verte ». On connaît tous les couleurs traditionnelles : argent, or, platine, black, … Alors, qu’est-ce qu’elle a de si spécial cette carte « verte » ?

Une fiducie. Je ne suis pas spécialement calé en droit, mais le terme « fiducie » semble être adapté. Pour résumer, il y a trois parties :

  • Le détenteur du compte (qui agit en tant que constituant, a priori)
  • Le Fonds pour une biodiversité durable (le fiduciaire)
  • Le bénéficiaire

Le détenteur du compte fait ce qu’il sait faire le mieux : dépenser de l’argent. Après tout, c’est pour ça qu’il a sa carte verte—qu’il a obtenu sans frais supplémentaires auprès de sa banque, soit dit en passant.

La banque s’engage, pour chaque utilisation de la carte, à verser 10% de la commission qu’elle est censé toucher au fiduciaire. En plus, pour chaque colón qui y est versé, le GEF (ou Fonds Global pour l’Environnement) y verse autant—via un prêt de la Banque Mondiale.

OK, il y a un peu plus que trois acteurs. Mais, qu’est-ce qu’on retient ? On a une banque qui est prête à verser 10% de son chiffre (sur une carte bien spécifique) sur un « compte écolo ».

Et qui est le bénéficiaire dans tout ça ? Le Programme national de paiement pour services environnementaux.

Pardon ?

Et oui, en France, on paie les gens pour qu’ils ne travaillent pas—c’est le début d’un film récent à fort succès—au Costa Rica, on paie les gens pour qu’ils préservent l’environnement.

Le Programme national de paiement pour services environnementaux—ou PSA, pour faire court—est géré par le FONAFIFO, le Fonds National de Financement Forestier et sert à rémunérer les propriétaires de terrains boisés et de plantations forestières qui participent activement à la conservation et l’amélioration de l’environnement. Ce même fonds vend aussi d’autres services, d’ailleurs, comme le rachat d’émissions de CO2. Malheureusement, leur site Internet est pourri et racheter des crédits pour compenser votre dernier vol en avion est bien plus compliqué que cela ne devrait l’être. Mon pays et le commerce électronique, ce n’est pas encore ça.

Je ne sais pas vous, mais ma banque me propose toujours des produits, plus inutiles les uns que les autres. Pourquoi ne fait-elle pas un effort semblable à celui-ci ?

Je vous parle ici d’une petite banque du tiers monde, dans un pays de 4,5 millions d’habitants, avec un PIB d’environ $50 milliards, qui cherche à collecter à peine $7,5 millions en cinq ans. Tout ça dans le but de préserver le capital environnemental de son pays un minimum pour compenser les « dépenses » faites ailleurs.

Vous imaginez quel impact ça aurait si une banque d’un pays environ 14 fois plus grand mais avec un PIB environ 400 supérieur essayait de faire de même ?

J’aimerais bien être client d’une banque comme ça, moi.

En vrac mardi 10 janvier 2012

Est-ce la peine de préciser que la nouvelle du jour c’est le lancement des offres Free Mobile ?

À des prix qui semblent dérisoires (€19,99, €15,99, €2 ou €0), vu ce que l’on paie aujourd’hui, Free fait son entrée dans le marché du mobile. Comme tout le monde en a déjà parlé, je vous laisse aller en lire plus ailleurs ; par exemple, chez Korben qui a fait un beau résumé de la conférence de presse.

Sinon, hier midi j’ai mangé du saumon. Non, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas ajouter les menus du jour dans mes « en vrac », mais il y a un lien avec l’actualité : des chercheurs de l’Université Nationale Tsing Hua de Taiwan de de l’Institut de Technologie de Karlsruhe Institute en Germany ont développé de la mémoire write once, read multiple times (WORM) à base d’ADN de saumon ! Ça veut dire qu’on pourra manger la mémoire de nos PCs à l’avenir ? Non, mais ça peut remplacer des matières inorganiques comme la silicone dans les puces.

Bien sûr, le poisson dans nos PCs ce n’est pas pour demain. En revanche, côté Google, une nouvelle fonctionnalité a été annoncée qui devrait commencer à apparaître dès aujourd’hui : ils ont appelé ça Search, plus Your World. Il s’agit de l’intégration de Google+ dans la recherche dans le but de personnaliser—encore plus— les résultats.

Par ce que, après tout, si vous êtes un avide utilisateur des services Google, Big Brother sait presque plus sur vous que vous-mêmes ! Enfin, j’exagère un peu, mais disons qu’ils ont une connaissance très étendue sur ce que vous faites, ce qui vous intéresse, ce qui intéresse vos amis, ce que vous partagez, etc.

Ça fait un peu peur, mais je dois admettre que les possibilités sont très intéressantes. Prenez un exemple tout bête : je recherche le mot Kratos. Vous tombez sur quoi, vous ? Moi, essentiellement, sur des articles de mythologie grecque ou sur le jeu God of War. Mais ce que je cherchais en réalité c’était des photos du chien de mon frère :

Kratos (1)

Avec Search plus Your World, ça devrait être possible.

Pour finir, parce que je n’ai pas vu grand-chose d’autre particulièrement intéressant aujourd’hui, et que Google investit pas mal en marketing Google+, je vous laisse avec la vidéo qu’ils ont fait pour Your World.