De la « nouvelle » orthographe

Pour des raisons sur lesquelles je reviendrai peut-être dans un futur billet, ces temps-ci je me « promène » sur les hauts lieux de la culture populaire moderne (comprendre Facebook, Twitter, Buzzfeed, …) un peu plus que d’habitude, principalement en espérant trouver un peu de divertissement léger, à portée de main. Aujourd’hui je l’ai trouvé et rigole fort parce que le Web pullule de tweets, statuts et articles relatifs aux Rectifications de l’orthographe.

Jugeons de la pièce par un échantillon :

Pour répondre à une question qui m’a été posée sur Facebook : non, cette « réforme » n’est pas une blague. Ou si elle l’est, elle est plus vieille même que ma petite sœur, qui a eu le temps de naître, grandir et même devenir docteur vétérinaire (#feelingproud) entre le moment où l’Académie s’est prononcé à ce sujet et le moment où les manuels scolaires intègrent (enfin ?) cette nouvelle orthographe.

En effet, les nouvelles règles datent de 1990 même si elles n’apparaîtront dans les textes scolaires qu’à la rentrée 2016. En France, en tout cas. À ma connaissance, les québécois, les suisses et les belges ont commencé à l’adopter activement avant.

Comme je vois reflétée dans la presse et sur les média sociaux l’inquiétude de la collectivité vis-à-vis de ces changements. Je vous propose d’analyser l’exemple cité ci-dessus pour étudier les implications que ces nouvelles règles auront sur nos vies quotidiennes. Il est dit, concernant l’accent circonflexe, ce qui suit :

[O]n conserve l’accent circonflexe sur a, e, et o, mais sur i et sur u il n’est plus obligatoire.

Sauf !

Dans la conjugaison, où il marque une terminaison […]

Au passé simple (première et deuxième personnes du pluriel) […]

À l’imparfait du subjonctif (troisième personne du singulier) […]

Au plus-que-parfait du subjonctif, aussi nommé parfois improprement conditionnel passé deuxième forme (troisième personne du singulier) […]

Dans les mots où il apporte une distinction de sens utile. [Comme jeûne, par exemple.]

Et, très important :

Les personnes qui ont déjà la maîtrise de l’orthographe ancienne pourront, naturellement, ne pas suivre cette nouvelle norme.

Autrement dit :

  • « Se faire une petit jeune » a un sens sans équivoque, indépendamment des règles d’orthographe appliquées. Cela peut donc être mal vu selon l’âge que vous avez.
  • Le français, avec ou sans accents circonflexes, reste une langue à l’orthographe pleine d’exceptions, qui de toutes manières ne s’écrit pas comme elle se prononce.
  • Ceux qui maîtrisent, ou croient maîtriser, déjà l’orthographe française sont, en plus, dispensés d’apprendre et d’utiliser les rectifications.

D’après un sondage sur lequel je suis tombé aujourd’hui, 80% des personnes qui ont répondu  sont « contre la réforme ». Cela donne une idée de combien de personnes sont disposées à adopter les nouvelles règles.

En résumé, la nouvelle orthographe, tout le monde s’en fout. Les seuls vraiment concernés sont les parents d’enfants en âge scolaire qui sont assez courageux pour les assister dans leurs devoirs et leurs révisions, car parents, comme enfants, seront probablement perdus et finiront par écrire des mots au hasard, en espérant que leur choix corresponde à des règles de la langue française d’une époque ou d’une autre. Pour eux, mes condoléances.

 

J’ai le droit de voter !

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Élections présidentielles 2014. Bureau de vote parisien. — © Mauricio Díaz Orlich

Pour être plus précis, je peux voter depuis que j’ai 18 ans ; au Costa Rica. Le problème c’est que j’ai quitté le pays qui m’a vu naître le jour de mes 21 ans. (D’ailleurs, j’ai eu le droit à des soucis migratoires à cause de ce détail : le jour où j’ai décollé, je n’avais pas besoin de visa, mais le jour où j’ai atterri si, et le Consulat ne l’avait pas vu. Mais bon, je m’égare…)

Au Costa Rica j’ai pu participer à mes premières élections en 2002. J’ai même pu voter deux fois ! C’était extraordinaire, au sens le plus strict du terme, vu qu’un second tour était chose rare à l’époque puisque seuls deux partis dominaient la politique du pays depuis les années 50. Depuis, le multipartisme est devenu norme, ainsi que les seconds tours.

Les scrutins suivants je les ai vécus en tant que spectateur depuis la France. Le vote à l’étranger n’était pas possible et mon sens du devoir civique ne l’a pas emporté pas face aux prix imposés par les compagnies aériennes. En 2006, j’ai vu comment on a réélu un ancien président pour la première fois depuis les années 70 et en 2010, j’ai vu une femme être élue pour la première fois à la tête de la République.

J’ai retrouvé mes droits en 2014, le Tribunal Suprême des Élections ayant travaillé dur l’année d’avant avec le Ministère des Affaires Étrangères, et notamment les services consulaires, pour permettre aux costaricains à l’étranger de voter. Là encore, une première, on a élu à la tête de l’État le candidat d’un des partis jusque-là minoritaires. Une première personnelle aussi, j’ai choisi de m’impliquer dans le processus électoral en tant que bénévole au bureau de vote parisien.

Vous l’aurez compris, que d’émotions dans ma vie d’électeur !

En revanche, je viens de vous parler de 13 ans de ma vie de citoyen costaricain, mais concrètement j’ai vécu en France pendant 12 de ces années. Et, ici, je n’avais pas le droit de donner mon avis. Enfin, j’en avais le droit, mais personne n’était obligé d’écouter.

Tout change en 2015 alors que j’acquière enfin la nationalité française par décret (ou par persistance ; tout est question de point de vue). Ce qui nous amène au titre de ce billet : j’ai désormais le droit de voter ici aussi !

Je me suis diligemment inscrit aux listes électorales dès que j’ai obtenu tous les papiers nécessaires (encore une longue histoire que je m’amuserai peut-être à écrire un de ces jours), profitant du fait que les inscriptions étaient restées exceptionnellement ouvertes pour permettre un maximum de participation aux élections régionales anticipées.

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N’ayant pas pu participer au jeu ces dernières années, je ne me suis que très peu intéressé à ses règles, ses équipes et ses joueurs et, pendant un instant, j’ai été pris par la peur de ne pas m’y connaître assez en politique française. J’ai rapidement compris que, en réalité, la politique c’est vraiment un peu comme le sport : il suffit de connaître les noms et les performances de deux ou trois équipes, ainsi qu’une poignée de joueurs stars, et on peut participer avec un minimum de crédibilité à la plupart des conversations.

Rien à craindre alors, mais un problème subsiste : j’ai bien reconnu les candidats et les partis quand j’ai reçu la documentation électorale à mon domicile et aucun ne m’inspirait particulièrement. Pire, certains étaient tout simplement répulsifs, de par leurs idéologies et/ou leur réputation. Je parcours de nouveau les noms, les partis, et de décide quand même de mettre une liste dans mon enveloppe.

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Carte électorale inaugurée le 6 décembre. — © Mauricio Díaz Orlich

Le premier tour se déroule sans grande surprise. Mais maintenant il faut refaire l’exercice. Sauf que, cette fois-ci, le choix est nécessairement plus restreint. Nous avons un bel assortiment de xénophobes, homophobes et profiteurs à qui confier nos régions.

J’ai donc le droit de voter, mais ce premier suffrage en France ne me réjouit pas.

J’ai été naïf d’espérer le contraire, mais j’aurai retenu quelque chose, quand même : si la situation actuelle m’attriste, c’est surtout de ma faute. Je n’aurais pas dû être surpris. J’habite ici depuis 12 ans. Mais visiblement, comme beaucoup, je m’étais laissé séduire par l’indifférence et le status quo.

On considère souvent les gouvernements comme une sorte d’entité toute-puissante qui doit être capable de résoudre les problèmes de tout le monde comme par magie. Le fait qu’en France nous ayons une caste politique dont le seul but semble être de nous faire croire qu’ils ont vraiment acquis des super-pouvoirs ou des connaissances secrètes dans leurs écoles et leurs partis permettant une telle utopie, n’améliore pas du tout les choses.

Ce qu’il faut faire, ou plutôt, ce que j’ai décidé de faire à partir de maintenant c’est arrêter de subir la politique et m’y impliquer de manière active, à hauteur de mes moyens, comme la démocratie m’y de donne le droit. Sans quoi je n’aurai plus le droit de critiquer ou de râler.

L’action ne sera pas forcément monumentale. Je n’annonce pas de candidature à un mandat public dans le court terme, a priori. Mais je ne me contenterai plus d’être passif : je continuerai à voter, j’irai chercher des informations ailleurs que dans les grands médias biaisés, j’écrirai pour partager mon opinion avec le public et les élus, et je supporterai les groupes et associations qui travaillent aussi dans ce sens.

Je vous tiendrai au courant de ce que ça donne.

Chouchoutez vos plantes avec un peu de Flower Power à la française

Je viens de voir ce device sur Engadget. Il a été présenté à CES et je le trouve extraordinaire.

Une fois n’est pas coutume, c’est la société française Parrot qui est derrière. En quelques mots, il s’agit du Flower Power : un capteur, relié au cloud en Bluetooth, pour surveiller ses plantes. Il se base sur une bibliothèque de « milliers de plantes » pour vous prévenir, via l’application smartphone qui va avec (Android, iOS et Microsoft ? :P), lorsque vous devez en prendre soin. Le dispositif surveille la lumière, l’humidité, la température et l’engrais.

Je n’ai pas le prix ni la date de sortie, mais ça va être l’un des gadgets indispensables de l’année.

La vidéo ci-dessous montre son fonctionnement mieux que je ne pourrai le décrire, donc je vous conseille de la regarder.

Epilogue : Le programme #TesteurSosh

Edit : @Sofine_lartiste me fait remarquer que 20 testeurs et non pas 4 pourront garder leur téléphone. J’ai corrigé dans le texte.


Suite à mes tweets ces derniers jours et au billet d’hier, et dans un souci de transparence, voici quelques lignes sur le programme Beta Testeur de Sosh.

#TesteurSosh est le tag qui était utilisé sur Facebook et Twitter pour suivre les commentaires de 60 beta testeurs, dont je fais partie, qui ont reçu un HTC 8x pour suivre un protocole d’expériences pendant un mois. Parmi ces testeurs, les 20 qui auront cumulé le plus de points, selon un barème communiqué lors de l’acceptation de la participation au programme, garderont leur téléphone.

Je suis content d’avoir été sélectionné et d’avoir pu tester un joli téléphone pendant un mois et je n’hésiterais pas à renouveler l’expérience. Toutefois, je me permets de remonter (je suppose évidemment que le staff Sosh lit ce qu’on produit dans le cadre du programme) quelques remarques à propos de cette première édition du programme.

Tout d’abord, les points positifs.

J’apprécie beaucoup la volonté de Sosh de valoriser la fidélité de ses clients et l’investissement des membres de sa communauté en leur permettant de tester des dispositifs haut de gamme. Il faut savoir que parmi les 60 testeurs, 30 sont des membres très actifs de la communauté Sosh (c’est-à-dire, ils postent beaucoup sur le site Sosh.fr et/ou interagissent beaucoup avec Sosh via Twitter et Facebook) et 30 sont, comme moi, des clients qui on cumulé assez de points selon un barème pour être sélectionnés. Pour les curieux, voilà le barème :

  • 20 points par bonne réponse aux questions du formulaire d’inscription sur Facebook (pas très compliqué)
  • 1 point par ami Facebook
  • 1 point par follower Twitter (je crois savoir pourquoi j’ai été sélectionné du coup)
  • 1 point par tweet et retweet depuis les 30 derniers jours (en gros, plus t’es bruyant, plus t’as de chances)
  • 5 points par « site perso »
  • 50 points pour URL de blog + bonus de 5 points si en lien avec la téléphonie mobile
  • 5 points par ami invité ayant conclu le test (c.f. premier point)

J’ai aussi aimé l’application pour Windows Phone 8 que Sosh a développée et qui guidait les tests. Elle permet notamment aux gens qui, comme moi, n’ont pas l’habitude de tester ce genre d’appareils de bien faire le tour des fonctionnalités les plus importantes.

Maintenant, ce que je changerais pour les prochaines éditions.

Le nom du programme. Le mot beta est utilisé ici parce qu’il est à la mode, mais le test n’avait rien d’une beta puisque le téléphone que nous avons reçu circulait déjà depuis quelque temps. Il était même déjà vendu par Sosh !

La sélection des « gagnants », c’est-à-dire les testeurs qui pourront garder leur téléphone. Je doute que j’en fasse partie, d’ailleurs, et je précise que je ne fais pas cette remarque par rancœur, mais la sélection des gagnants se fait aussi sur la base d’un barème semblable au précédent. Vous aurez remarqué que le barème précédent avait tendance à privilégier les gens capables de faire le plus de bruit. Ben, le barème pour remporter le téléphone le confirme :

  • 1 point par statut posté sur Facebook comme sur Twitter
  • 2 points par retweet, like ou commentaire
  • 2 points par ami présent sur la photo grand angle (c’était l’un des tests à réaliser, plus sur ça dans quelques lignes)

On remarquera qu’un billet comme celui que j’ai publié hier ou que d’autres testeurs ont publié sur leurs sites respectifs ne rapporte rien d’après le barème.

Concrètement ça a donné quoi ? Je ne sais pas sur Facebook, mais sur Twitter suivre le tag #TesteurSosh était l’équivalent d’entrer dans un chan IRC hyper-bruyant où trolls et faux-fan-boys publiaient de tout, et souvent n’importe quoi, à 1 point par tweet et retweet entre eux. Comme il y en a qui gardaient le compte, j’ai vu passer des annonces de moyennes de 50 tweets par jour pour certains. Même à l’époque où je twittais beaucoup, je n’ai jamais atteint un tel chiffre. Pour revenir au barème, du coup, si l’on tenait à sa place dans le classement, on avait intérêt à avoir au moins 50 remarques à faire avec le tag #TesteurSosh le jour de Noël sinon on perdait vite sa place. En revanche, ce que je n’ai pas vu passer souvent c’était des retweets ou des réactions de comptes ne participant pas au test…

J’ai dit plus haut que j’avais bien aimé l’application développée par Sosh pour orienter les tests, mais cette « orientation », qui était en réalité plutôt une liste de tâches à effectuer, est aussi à mes yeux un point négatif. Demandez-moi de donner mon avis sur l’écran d’accueil Windows Phone 8 aves ses vignettes aux 3 tailles différentes, mais ne me pénalisez pas parce que je refuse de publier une capture d’écran de mes vignettes personnelles. En effet, puisque c’est leur rôle, elles affichent des informations sur ma famille et mes amis, mes prochains rendez-vous, etc. Je n’ai vraiment pas envie de les partager avec le monde. Une solution, préparer un écran fake pour le test ? Comme si j’avais que ça a faire… J’aurais peut-être dû chercher l’agence qui a préparé les écrans de Cyril et de Florent pour les pubs😛

Le même principe s’applique au défi grand-angle. Bon, celui-là, qui consistait à faire une photo à bout de bras avec la caméra frontale du téléphone avec le plus de monde possible, était plus original et j’aurais pu jouer le jeu, mais, personnellement, je participais au programme pour tester un téléphone, pas pour réaliser des défis. Tant pis, c’est de ma faute si j’ai perdu 2 points fois autant-d’amis-que-j’aurais-pu-mettre-sur-la-photo-et-qui-auraient-accepté-de-signer-une-décharge-permettant-à-Orange-d’utiliser-leur-image-à-des-fins-commerciales.

Enfin, les points précédents sont des remarques que j’espère on trouvera constructives sur un jeune programme organisé par une agence. Si lors d’une prochaine édition, rien ne changeait, je dirais tant pis. Je ne considérais pas ça un test, mais un concours de celui qui arrive à faire le plus de bruit (qui n’est nullement synonyme de vrai impact), mais pourquoi pas. En revanche, il y a un point sur lequel on s’est vraiment foutu de nous : la session de questions/réponses organisée sur Twitter conjointement avec le compte @WindowsPhoneFr. Une grosse blague pendant laquelle toute question dont la réponse ne mettrait pas en valeur le 8x ou Windows Phone était tout simplement ignorée. C’était limite insultant. C’est le seul point vraiment noir de toute l’opération.

Voilà, malgré le ton un peu amer des dernières lignes, je tiens tout de même à féliciter Sosh pour cette initiative. Les prêts de matériel, notamment à la presse et aux blogueurs de renom, n’est pas une nouveauté, mais une opération comme celle-ci qui vise un public plus large et diversifié, plus « normal » si on veut, mérite reconnaissance. Le 8x repart par Chronopost demain et j’espère que mes remarques ne m’empêcheront pas de renouveler l’expérience une prochaine fois😉

#TesteurSosh du HTC 8x

Ça faisait quelque temps que j’avais envie de tester le HTC 8x dans l’idée notamment de changer mon téléphone actuel, un « vieil » HTC Desire sous Android, et adopter un téléphone avec le système d’exploitation avec lequel je travaille un jour sur deux. Et là, comme si c’était le destin qui le voulait, Sosh, mon opérateur mobile, ouvre un concours pour devenir « beta » testeur du mobile en question. J’ai participé croyant qu’il s’agissait d’un tirage au sort mais ce n’est que plus tard, quand j’ai eu confirmation de ma sélection, que j’ai découvert que celle-ci était faite en fonction d’un barème qui accordait des points notamment au nombre de followers sur Twitter. Voilà, full disclosure, le comment et pourquoi j’ai pu tester pendant un mois le 8x.

Pour la suite, trois parties : le téléphone, le software et la conclusion.

Le téléphone

Je parle du matériel ici ; le design et les spécifications techniques du téléphone.

Je n’irai pas jusqu’à dire que j’adore, mais j’aime beaucoup. Je pensais qu’un téléphone plus grand qu’un iPhone ou que mon propre Desire serait juste trop grand. Et c’est le cas dans la plupart des cas, mais chez HTC ils ont trouvé une astuce : supprimer les bords sur une face du téléphone. Du coup, ça rentre parfaitement dans une poche de jeans, ça tient bien dans la main et ce n’est pas excessivement lourd (130g, à peine 15g de plus que l’iPhone, mais 55g de moins que le Nokia Lumia 920). Seul défaut à mes yeux, les boutons « parfaitement alignés au corps du téléphone pour une esthétique sans faille » sont souvent difficiles à manipuler, car ils sont pas facilement trouvables au toucher et ils sont tellement fins qu’on a du mal a sentir quand ils sont enfoncés.

HTC 8x - Comparaison avec HTC Desire

HTC 8x - Prise en main

HTC 8x - Comparaison avec HTC Desire

HTC 8x - Bords arrondis

L’écran est de très bonne qualité : bon contraste, bonne résolution, 16/9, Gorilla Glass 2, … rien à lui reprocher. On était sensés vérifier lors de nos tests que cet écran « a été conçu pour rester visible même avec une forte luminosité ». Le soleil n’ayant pas voulu participer au test, je me suis dit que je ferai l’expérience dans le métro, où la lumière me gêne quand je manipule mon téléphone, mais je n’ai pas vraiment vu la différence.

Un autre test que j’ai raté est celui du son. Le téléphone est équipé de la technologie Beats Audio, mais je dois avouer que je n’ai pas l’oreille pour juger.

Ces détails sont intéressants pour les personnes qui sont concernées par le design, mais je vais maintenant toucher à deux points plus pertinents pour les pragmatiques : les connexions réseau et la batterie. Niveau réseau, le 8x est un téléphone 3G qui fait du H+ ce qui lui permet d’atteindre des vitesses théoriques de 42 Mbit/s. Pas tout à fait 4G, mais respectable. Effectivement, dans des conditions idéales—en ville, à l’extérieur, etc.—ça marche très bien, mais j’ai eu énormément de mal à me servir du téléphone dans le métro, notamment pour accéder à Internet, alors que je n’avais jamais eu de problème auparavant. En ce qui concerne la batterie, j’ai eu peu au début de la voir se vider trop vite, mais elles se sont dissipées au cours du mois. En utilisation normale (ce qui dans mon cas veut dire, Wifi allumé en permanence, peu de voix, quelques SMS et beaucoup de GPS et de data), je tiens largement 24 à 36 heures entre deux charges ; ce me semble plus qu’acceptable pour un smartphone.

En conclusion, il s’agit d’un joli téléphone, bien qu’il semble réticent à être utilisé sous terre. Passons donc au logiciel.

Windows Phone 8

Le 8x tire son nom de la version du système d’exploitation qu’il utilise : Windows Phone 8. Sans système d’exploitation, ou « OS » pour faire court, un smartphone n’est qu’un ensemble de composants électroniques. On comprend donc que la qualité de son OS détermine en quelque sorte la qualité d’un téléphone. Comme je disais en introduction, je connais plutôt bien Windows Phone puisque je travaille souvent avec. Pour être précis, j’écris des applications, des logiciels, pour cette plateforme. Mais connaître théoriquement un système, connaître ses capacités et spécificités techniques, n’est pas pareil que s’en servir tous les jours. C’était donc l’occasion. Et qu’est-ce que j’ai été déçu

Je venais d’allumer le téléphone et j’étais content de voir qu’on peut le prendre en main très rapidement. Configuration du compte Live, du compte Google, … Mes contacts, mes mails, mon calendrier, tout a l’air de marcher. Enfin, presque… Tous mes calendriers Google n’y sont pas et apparemment il n’y a pas moyen de les avoir si ce n’est sur l’application web. Pire encore, pendant le test on a appris qu’il y aurait de moins en moins de support de la part de Google pour faire marcher ses services sur les téléphones Windows. Ça commence mal, en fin de compte.

Passons donc aux applications. La première chose que j’ai voulu faire c’est réserver une place de cinéma. Je suis donc allé sur le Store en me disant qu’UGC aurait sûrement son application. Première déception et loin d’être la dernière. Il se trouve que son store ou son marketplace c’est le gros point faible de la plateforme pour l’instant. Il manque beaucoup d’applications qu’on a l’habitude de trouver sur les plateformes concurrentes et, malheureusement, les grandes applications—je pense notamment à Twitter ou Facebook—laissent énormément à désirer. Souvent on a le sentiment d’utiliser une application qui n’est pas encore tout à fait terminée, ce qui en soi n’est pas le problème puisqu’on commence à être habitués à utiliser des applications en « beta », mais elles ne sont malheureusement rarement mises à jour.

Souvent, une bonne idée n’est implémentée qu’à moitié. Pour moi c’est le cas du « gestionnaire de tâches« . Une pression longue sur la touche retour montre les tâches qui s’exécutent actuellement (même si on peut débattre longuement sur le mot « exécuter »), mais ne permet pas de les fermer, par exemple. Quand Twitter m’a demandé de redémarrer l’application, j’ai dû chercher pendant des heures pour qu’on m’explique enfin sur Facebook qu’il « suffit » d’appuyer sur le bouton retour jusqu’à ce que l’application se ferme. On est donc obligés de s’acharner sur un bouton en l’appuyant 5, 6, 7, 8 fois ou plus pour quitter une application alors qu’une simple croix ou un simple geste dans les gestionnaire de tâches aurait permis le même effet en deux actions.

Puisqu’on parle des boutons, le bouton recherche. Je n’arrive pas à croire que Microsoft persiste à nous imposer l’application Bing comme seule fonctionnalité du bouton. Non seulement la pertinence des résultats trouvés est souvent contestable, mais en plus, on tombe dans l’absurdité de voir que les applications proposent systématiquement elles-mêmes un bouton recherche pour effectuer des recherches à l’intérieur de l’application. Là où ça devient ridicule, c’est quand on constate que ce bouton logiciel utilise la plupart du temps le même pictogramme que le bouton physique du téléphone et se trouve à environ 2cm de ce dernier. Hmm… Bon, je vais me permettre de rêver et de croire que, maintenant que le cœur du système d’exploitation du téléphone est le même que celui de Windows 8 sur PC et Windows RT sur tablette, le bouton recherche disparaîtra dans une prochaine version du smartphone et laissera la place à un accès direct aux charms et que les développeurs pourront y accéder de manière similaire.

Enfin, une autre fonctionnalité implémentée à moitié et la raison pour laquelle je ne pourrais pas utiliser cet téléphone comme téléphone principal, les notifications. Le système propose essentiellement deux moyens de communiquer avec l’utilisateur en dehors de l’exécution d’un programme : les toasts, des petites vignettes qui apparaissent en haut de l’écran avec un message court, et les live tiles, les vignettes qu’on peut épingler sur l’écran d’accueil et qui peuvent afficher des informations de différentes manières, notamment selon la taille qu’on leur donne. Sur le principe, cela semble suffisant, jusqu’à ce que l’on quitte le téléphone des yeux. Si par malheur on ne voit pas un toast lorsqu’il s’affiche, il n’y a pas de moyen de savoir quelle application a effectué la notification ou encore de retrouver un résumé des notifications qui n’ont pas encore été prises en compte. Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai puisque les live tiles sont censées assumer ce rôle, mais que se passe-t-il quand on n’a pas encore épinglé de vignette à l’écran d’accueil, puisqu’il s’agit d’un processus manuel ? Il faudrait donc penser à épingler toutes les applications à l’écran d’accueil. Mais à quoi sert la liste d’applications alors ? Et comment fait-on pour retrouver la vignette avec une alerte dans ce flot de vignettes impossible à naviguer ? Donnez-moi un centre de notifications et je pourrai essayer d’adopter ce système, entre temps je le trouve tout simplement inutilisable.

Bon, il y a aussi pas mal de choses bien. La plupart du temps l’exécution des applications est fluide. J’aime bien les jeux et j’aime bien le fait qu’il y en ai beaucoup qui sont intégrés à Xbox Live, comme ça j’augmente un peu mon gamer score (mais là, encore, j’aimerais bien que plus de développeurs aient accès à la plateforme et non pas uniquement les quelques uns que Microsoft sélectionne). J’ai bien aimé l’accès direct à l’appareil photo en appuyant longtemps sur le bouton de celui-ci, même quand le téléphone est verrouillé (appareil photo qui prend, soit dit au passage, des photos très respectables). Si vous avez des enfants, ou si vous êtes susceptibles de prêter votre téléphone à vos petits neveux, etc. vous apprécierez sûrement le Kids Corner. Et n’oublions pas le partage de la connexion 3G via un point d’accès Wifi on ne peut plus facile à configurer. Mais bon, tout ça a tendance à être terni par les paragraphes précédents.

Conclusion

Du bon matériel et un joli design, je ne peux pas le nier. Mais un système d’exploitation qui semble s’arrêter toujours juste en dessous de « la barre » fixée par les concurrents ou tout simplement le bon sens. Certes, il est très bien si on se limite aux bases : téléphone, SMS, des e-mails si on utilise des adresses Exchange, … Il n’y a même pas un logiciel de guidage GPS acceptable…

Je ne peux donc le recommander à personne. Ce serait comme recommander une Ferrari à quelqu’un qui ne prend sa voiture que pour aller faire ses courses au supermarché. Certes, elle est belle, elle est rapide, mais surpuissante pour un si petit effort, et je vous mets au défi d’y ranger un caddie plein…

Le programme Testeur Sosh demande une note sur 10. Allez, 4/10. Juste en dessous de la moyenne parce qu’on peut s’en servir si on est conformiste.